Vous payez peut-être déjà une « assurance » à votre banque en pensant protéger votre famille. Mais si ce qu’on vous a vendu ne paie qu’en cas d’accident et exclut la maladie, vous n’êtes pas couvert pour ce qui cause la grande majorité des décès. Voici la vraie différence avec une assurance vie, et comment la vérifier en deux minutes.
Il y a quelques années, j’ai reçu un appel de la Banque Scotia. Rien d’inhabituel, jusqu’à ce qu’on me propose une assurance : quelques dollars par mois, pour « protéger mes proches ». Ça semblait responsable. J’ai presque dit oui au téléphone, sur-le-champ.
Ce qu’on me proposait, c’était l’Assurance en cas de décès accidentel Scotia, établie par Chubb du Canada. À l’époque, je ne faisais pas la différence : je croyais sincèrement qu’on m’offrait une protection pour ma famille.
Aujourd’hui, c’est mon métier. Et je peux vous dire ce que je n’avais pas compris ce jour-là : l’assurance qu’une banque vous vend n’est presque jamais une assurance vie. Ce sont deux produits différents, et la différence peut tout changer pour les gens que vous aimez.
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Ce que la banque m’a réellement vendu
Une assurance en cas de décès accidentel ne verse de l’argent que dans un cas très précis : si vous mourez à la suite d’un accident couvert. Un accident de la route. Une chute. Le montant peut sembler rassurant, jusqu’à 350 000 $ versés à votre bénéficiaire, mais uniquement pour un décès accidentel.
Et si vous mourez d’autre chose ? Ce n’est pas mon opinion, c’est écrit dans le contrat.
Il y a un autre détail que la plupart des gens prennent pour un avantage : aucune question sur votre santé, acceptation garantie. Ça paraît généreux. En réalité, quand un assureur accepte tout le monde sans rien demander, c’est souvent parce que ce qu’il couvre est si limité qu’il n’a pas besoin de vérifier votre état de santé. Une vraie assurance vie, elle, pose des questions, justement parce qu’elle paie pour presque toutes les causes de décès.
Le chiffre que personne ne vous montre au comptoir
Au Canada, de quoi meurt-on réellement ? Selon les données les plus récentes de Statistique Canada (2024), les accidents représentent 6,2 % des décès. Les maladies du cœur, 17,7 %. Et le cancer reste, de loin, la première cause depuis le début des années 1990. À eux seuls, le cancer et les maladies du cœur causent plus de quatre décès sur dix.
Faites le calcul à l’envers : si une assurance décès accidentel ne couvre que les 6 % de décès dus à un accident, alors elle ignore environ 94 % des façons dont les gens meurent vraiment.
Trois produits que les banques vendent, et qui ne sont pas de l’assurance vie
Avec le temps, j’ai vu revenir trois produits que les institutions proposent au comptoir, et que les gens confondent presque toujours avec une vraie assurance vie.
L’assurance en cas de décès accidentel
Celle qu’on m’a proposée. Elle ne paie que si la mort résulte d’un accident couvert. Son propre contrat exclut explicitement la maladie et les causes naturelles. Pour la cause de décès la plus courante au pays, elle ne verse rien. Elle commence souvent par une petite couverture gratuite, puis on vous invite à payer pour l’augmenter.
L’assurance prêt ou assurance hypothécaire de la banque
La plus trompeuse, parce qu’elle paraît sérieuse. Elle rembourse votre prêt à la banque si vous décédez. Trois choses à savoir : le bénéficiaire, c’est la banque, pas votre famille ; le montant diminue à mesure que vous remboursez, alors que la prime, elle, ne baisse pas toujours ; et c’est la banque qui est propriétaire de la police. Votre conjoint ne reçoit pas un chèque pour vivre : la dette s’efface, point. Et si vous changez d’institution, la protection disparaît avec le prêt.
La protection du solde de votre carte de crédit
Elle couvre, au mieux, une partie du solde impayé de votre carte. C’est une protection de dette, pas une protection familiale, et là encore, c’est la banque qui en est la bénéficiaire.
Aucun de ces trois produits ne fait ce qu’une assurance vie fait.
Ce qu’une vraie assurance vie fait différemment
Une assurance vie (temporaire ou permanente) fonctionne sur une logique complètement différente. Elle verse un montant fixe, que vous choisissez, à la personne que vous désignez : votre conjoint, vos enfants, qui vous voulez. Pas à la banque. Cet argent leur appartient, et ils en font ce dont ils ont besoin : l’hypothèque, oui, mais aussi l’épicerie, les factures, garder les enfants dans leur école.
Et surtout, elle paie peu importe la cause du décès, maladie comme accident, à part les exclusions standard comme la clause de suicide en première année. Là où l’assurance décès accidentel couvre 6 % des scénarios, l’assurance vie les couvre presque tous. Vous en êtes propriétaire, le montant ne fond pas avec le temps, et elle vous suit peu importe la banque avec laquelle vous faites affaire.
Et si vous hésitez justement entre souscrire par votre banque ou par un conseiller, je compare les deux en détail dans Banque ou conseiller : la vraie différence.
Comment vérifier, vous-même, ce que vous avez vraiment
Avant de payer un mois de plus pour quelque chose dont vous n’êtes pas certain, sortez votre contrat (celui de la banque, ou n’importe quelle assurance qu’on vous a vendue) et posez-vous trois questions.
- Qui est le bénéficiaire ? Si c’est la banque ou le prêteur, ce n’est pas une protection pour votre famille. Si c’est une personne que vous avez nommée, vous êtes sur la bonne voie.
- Le montant est-il fixe ou diminue-t-il ? S’il baisse à mesure que votre prêt se rembourse, c’est de l’assurance créditeur, pas de l’assurance vie.
- Dans quels cas ça paie ? Cherchez les mots « accidentel » ou « décès accidentel ». S’ils y sont, la maladie n’est probablement pas couverte.
Ces trois réponses vous diront, en deux minutes, si vous êtes réellement protégé ou si vous payez pour une impression.
Et le coût ? La surprise va dans l’autre sens
Beaucoup de gens gardent l’assurance de leur banque en se disant qu’une vraie assurance vie serait hors de prix. C’est souvent l’inverse. Une assurance vie temporaire (celle qui couvre la période où vos proches dépendent de vous) est généralement bien plus abordable qu’on ne l’imagine. Pour un adulte en bonne santé, on parle souvent d’un montant mensuel comparable à ce que les gens paient déjà pour une protection bien plus mince. Vous pourriez très bien payer moins, pour une protection qui couvre 94 % de scénarios de plus.
La seule façon de le savoir, c’est de regarder les vrais chiffres pour votre situation : votre âge, votre santé, vos besoins. Pas une moyenne : vos chiffres.
Questions fréquentes
L’assurance de ma banque compte-t-elle comme une assurance vie ?
Rarement. La plupart du temps, les banques proposent de l’assurance décès accidentel, de l’assurance prêt (créditeur) ou de la protection de solde. Ce sont des produits différents d’une assurance vie : ils couvrent moins de situations, et le bénéficiaire est souvent la banque plutôt que votre famille.
Une assurance décès accidentel protège-t-elle ma famille si je meurs de maladie ?
Non. Ce type de produit ne verse de prestation que si le décès résulte d’un accident couvert ; les contrats excluent explicitement la maladie et les causes naturelles. Comme la grande majorité des décès au Canada sont causés par la maladie (le cancer et les maladies du cœur en tête), une assurance décès accidentel laisse sans couverture les scénarios les plus probables.
L’assurance prêt hypothécaire de la banque, c’est quoi exactement ?
C’est une assurance qui rembourse votre solde de prêt à la banque si vous décédez. Le montant diminue à mesure que vous remboursez, c’est la banque qui en est propriétaire et bénéficiaire, et elle disparaît si vous changez de prêteur. Votre famille ne reçoit pas de somme d’argent à utiliser librement.
Puis-je annuler l’assurance de ma banque ?
En général, oui, ces protections sont habituellement annulables. Avant de le faire, assurez-vous d’avoir une protection adéquate en place. Le bon ordre : mettre en place ce qui vous couvre vraiment, puis annuler ce qui fait double emploi.
Combien coûte une vraie assurance vie temporaire ?
Souvent moins cher qu’on ne le pense : pour beaucoup de gens en bonne santé, c’est un montant mensuel modeste. Le prix dépend de votre âge, de votre état de santé et du montant de couverture. La seule façon d’avoir un vrai chiffre est d’obtenir une estimation personnalisée.
Sources : Statistique Canada : Décès 2024 · Conditions du produit Assurance en cas de décès accidentel Scotia (établie par Chubb du Canada compagnie d’assurance vie), telles que publiées par l’assureur · FCNB
